02.01.2012
Nouvelle succédanée
La célébration du nouvel an, aussi païenne soit-elle, est toujours suivie de vœux ressemblant à la fête romaine de l’Opalia.
Ainsi souhaite-t-on, si ce n’est la santé, bonheur et profusion. Ce qui revient à vouloir la cécité et le malheur.
Car le bonheur n’apparaît qu’à compter une certaine imperméabilité du cœur aux péripéties du monde. Les gens heureux, même ceux geignant sans cesse de ne pouvoir atteindre une vie dénuée de la moindre forme de perfectibilité, sont aveugles. Obnubilés par le labeur de leur « domaine de compétence », la fébrilité sans cesse renouvelée de leur loisir favori, le fétichisme de leurs passions matérielles et culturelles. Eblouis par le reflet du miroir déformant de « l’individu conscient, libre et averti », à qui on inculquât l’égotisme grotesque du bourgeois pour mieux l’avilir. Ou, attablés au café de la bonne conscience, ils jouissent de la tranquillité d’esprit qu’offre la dissection médisante du passant : l’ennemi, c’est l’autre.
Quant à la profusion, se nourrissant par essence de l’exploitation, elle mène à l’entropie puis à la damnation. L’esthétisation par le prisme trompeur de l’art et les mobiles mensongers de la philosophie, du commerce, de la guerre, puis de la science dévoyée en culte épistémologique, cette volonté ne peut être que l’alarme salutaire à quiconque pourrait croire que le mouvement naturel du monde n’est qu’une fatalité, le marché un « moindre-mal ».
Alors que celui qui peine à souhaiter au monde « tout ce que vous voulez », « de profiter de la vie », « d’écrire sa destinée », et autres conneries existentialistes directement paraphrasées des slogans publicitaires, que celui-là ne souhaite rien si ce n’est que les rêves restent à la nuit.
23:59 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : nouvelle année, voeux, corvée des voeux
25.12.2011
We wish you a merry commerce.
Lorsque le pape en personne mentionne le caractère exclusivement marchand de noël, on peut dire qu'il y a péril en la demeure. Oublieuses de l'histoire, les églises, habituent les fidèles à l'acceptation galvaudée d'une doctrine au détriment d'une parole. La fidélité, terrestre par essence, s'inscrivant dans une démarche purement familiale, tribale, nettement dissociée de l'amour. Ainsi, le monde marchand et guerrier, n'a aucun scrupule à se réclamer de la chrétienté ou de l'islam, tout en restant dans le giron strict de l'église de son choix, mais ayant déserté Dieu depuis fort longtemps.
Comme un marchand maintenant son client éternellement captif, la fidélité se veut terrifiante : le consommateur craint de louper la bonne affaire, le fidèle craint la solitude de la foi (qui, elle, demande de croire en Dieu et non aux hommes). Les démocrates-chrétiens qui s'épanchent en lamentations coléreuses contre ce qu'ils appellent la « religion à la carte », s'enlisent dans l'hypocrisie et le mensonge du lobbyiste, mais ont fort raison d'avoir peur de la perte de leurs prérogatives mensongères : il est plus difficile de vouloir se battre pour les églises lorsqu'on sait qu'elles prirent toujours le parti des puissants et de l'argent, ceci en totale contradiction avec le message christique.
Mais une fois l'émancipation faite, l'homme reste seul face aux écritures, disposant du seul libre-arbitre. Aussi ne doit-il pas oublier ce que la Bible lui rappelle quant aux vanités de toutes sortes, que "nous n'avons rien apporté dans le monde, et nous ne pouvons non plus rien en emporter"
23:53 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : noël, commerce, benoit xvi, libre-arbitre
14.11.2011
Le labyrinthe de Panpan
Lorsque la caricature (1)...
...rejoint la réalité (2)...

