07.12.2007
L'histoire pour les nuls
Il y'a quelques temps, répondant à une visiblement très féministe intervenante désignant comme archaïsme la forme Judéo-Chrétienne du mariage, j'avais du lui rappeler quelques points d'histoires.
Lorsqu'on évoque la figure classique, monogame, du couple, beaucoup renvoient avec le rictus de l'arriération à ce qui serait une figure éculée de la norme Chrétienne. En clair, il faut mettre à bas amour, fidélité, dualité homme-femme
Jeune féministe :

Nous vivons sur les ruines de la domination Judéo-Chrétienne et notre XXI ème siècle malgré le retour d’un goût du moralisme sexuel n’a que faire des anciens dogmes. Le malaise face au sexe (et un retour à la traditionnelle figure du couple) est une figure Freudienne dépassée tant l’émancipation occidentale, ou tout du moins européenne, s’en est affranchie. L’obsession est présente, le malaise lui bien moins. Ou alors il se présenterait en malaise du non-sexe, de la fidélité absolue, dans une société où il est crime de lèse majesté de ne pas en être un zélote , tout du moins dans la sphère privée.
Pour ce qui est de la référence historique, elle émane d’une vieille mystification (à laquelle je croyais encore il y'a peu) liée à nos histoires qui oublient parfois de préciser que la vision traditionnelle du couple, de l’humain et de son rapport aux voluptés du corps ne remonte pas à la Chrétienté mais des temps de Marc Aurèle auquel les chrétiens empruntèrent le nouveau puritanisme consacrant sous couvert des vertus de la sagesse, l’acte sexuel à des seules fins de procréation. Ils y ajoutèrent peu de temps plus tard une certaine haine du plaisir (je précise à toutes fins utiles être théiste et loin de toute tentation d'anti-religiosité primaire) Le puritanisme a des fondements Romains et non Chrétiens.
Le puritanisme s’apparente à une doctrine applicable à une société ou-et une civilisation, le rigorisme à l’individualité seule ou-et une communauté restreinte. Si on les considère dans le nombre, les Romains en tenait bien plus que les Esseniens. Du rigorisme de Marc-Aurèle fut le commencement d’un strict puritanisme sociétal de l’époque auquel les Chrétiens n’eurent qu’à prolonger l’inspiration. La conjonction Romaine et Chrétienne est fondation de notre société latine présente. Pour les historiens, est-ce que Marc-Aurèle eut vent du dogme Essenien, je l'ignore.
"Ben zut alors j'm'a gourré."

Pour faire la genèse du puritanisme Romain il faut remonter au dela de Marc-Aurèle. L’Antiquité est tout sauf ce monde débauché, prétendument libertin. C’est une société où le verbiage teinté de civisme et la représentation féminine sont érotisés pour n’être que la projection d’un imaginaire trompeur des réalités, presque le prémice de l’érotisme soft. On ne fait l’amour qu’au soleil couchant, évitant de trop apercevoir le corps du partenaire. Nombre de comportements sont exclus de l’acte amoureux comme la fellation et particulièrement le cunnilingus dont il sous-entend servilité à la femme. La notion de plaisir sexuel est bannie en raison de l’état de dépendance qu’elle engendre. Un homme détournant les yeux sur trop de charmes féminins est considéré comme faisant preuve de faiblesse et d’une non-maîtrise de soi qui en fera un mauvais patricien. Un amant, surpris en flagrant délit de batifolages peut recevoir du cocu, selon la loi, la castration… ect ect…
Le mariage est lui un acte formel, formalisé et avant tout témoin de citoyenneté. La représentation de peintures d'époques ou même celle ornant les sacrophages suggèrent l'égalité entre époux (même si dans la réalité l'épouse est avant tout choisie pour des raisons plus matérielles ou aristocratiques).
Puis vers l'an 200, les moeurs se durcissent encore. On proscrit l'avortement, stigmatise l'homosexualité, la fidélité entre époux et non-plus suggérée mais prescrite, la procréation est réservée à la reproduction, la chasteté avant l'union obligatoire, la veuve considérée comme une pêcheresse en puissance ect...
Bref avant le commentaire ou la critique de la monogamie Chrétienne, il faut avant tout comprendre et situer le puritanisme Antique.
03:15 Publié dans Avant l'homme | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : sexe, amour, gloire et beauté, marc-aurèle, chrétienté, histoire antique

