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06.02.2008
Bison Futé
En matière de politique politicienne, il y'a mille et unes façons d'envisager effectuer une analogie de fait entre une personnalité publique et une orientation idéologique. Cela peut autant être un travail sociologique, qu'un référentiel historique mué en sain réflexe. Mais on a beau se vouloir de toutes les attentions compassionnelles envers les gens mal-informés, parfois des claques se perdent. Il y'a pas moins d'une heure, je voyais un militant Républicain (remarquez il avait une bonne bouille de Libéral-Conservateur à la Française tractant à la fin d'une manif pour Liberté Chérie), expliquer combien les différences entre Obama et Clinton (Hillary l'eunuque et non Bill la Castafiore) étaient nombreuses et à quel point il devinait en cette dernière la décadence à l'état pur. Certes, la Sociale-Démocratie à l'Américaine, mélange d' hygiénisme progressiste et de libéralisme cool est un des plus nauséabonds courant politique Occidental mais venant d'un pur produit Pharisien Luthérien* ( nos Cathos ultra-libéraux en somme ), le propos était surréaliste. D'une car d'un courant politique qui porta Hoover, Reagan et Bush Junior aux nues, le sceptre d'une faillite morale tient de la harangue auto-appropriée, de deux car la seule vision que se devrait d'avoir ce garçon est la politique extérieure des candidats en lice (j'y reviendrais plus tard). Hors sur ce point, ils sont tous à égalité, il n'y a qu'un urbain Français ou un étudiant à Sciences-Po pour se passionner de l'issue d'une bataille entre Pepsi et Coca-Cola et ceux qui verraient en la plus célèbre cocue au monde une amie de la vieille Europe de déchanter, elle œuvrera comme son illustre mari à un impérialisme bien plus retords : la guerre économique.
Qu'il faille toujours positionner un personnage sur un échiquier devient en certaines contrées un exercice de style lassant. Que songer par exemple en France. Si on interroge dix quidams, neuf voir dix vous répondront qu'Olivier Besancenot est d'extrème gauche. A y observer de plus près (de très loin pour tout dire), j'ai toujours eu l'interrogation fine quand à l'orientation d'un Poujadiste de la première heure donc petite graine d'un terreau gauchiste (vous voyez de qui je veux parler si si) et de celle d'un rejeton poupon des chantres du mondialisme comme du relativisme et ne faisant peur qu'à son propre camp. Le pire ennemi d'une cause est toujours le plus zélé de ses avocats, sinon comment expliquer l'étonnante marge de manoeuvre médiatique laissée au héraut de la LCR s'exprimant à sa guise.
La méprise ne s'arrête pas là. De feu-la Mitterandie, on ne retient que la cour et un bon droitiste de pester contre Tonton, ce socialo-gaucho permissif. Fi de l'influence Maurassienne, du Mitterand mettant la gauche tendance Sociale-Démocrate face à sa propre ineptie, du Sphinx jaugeant à leur juste valeur de bouffons ses conseillers et courtisans (ah l'ineffable Atali), aux orties l'homme d'Etat. La vie est faite de malentendus.
Notre gentil neuneu Républicano -Conservato-Libéralo-Authentico-Capitaliste aurait pourtant eu maille à partir avec ses pères, tant ses craintes sont anachroniques avec l'idéal dont il est dépositaire. Les Etats-Unis, patrie auto-proclammée du Libéralisme (dans la pratique l'Inde l'est bien plus) sont le pays des Libertés, de la Liberté, défouloir d'intérêts particuliers. C'est une sorte d'anarchie perpétuellement expansive, peuplée d'anti-souverainistes paradoxalement colonialistes (l'auto-gestion oui mais sous la tutelle d'un Dieu humain) à tendance paranoïaques (le déclin, l'envahisseur, l'ennemi fourbement tapi dans l'ombre). Dans cette super-structure technocratique régie en féodalités où les grèves ne portent pas sur comment l'Etat pourrait améliorer les destinées individuelles mais sur les modalités de remboursement des soins généralistes par les "Sécurités Sociales d'entreprises", comment, comment diable ce garçon pourrait-il tant croire à la temporalité de ce système? Hmm...
* Bien loin de moi l'idée d'un anti-Protestantisme, je ne jette ni le bébé, ni toute l'eau du bain
23:55 Publié dans La cinquième patte | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : super tuesday, clinton, obama


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