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01.04.2008

What else?

Les arches de pont la nuit n’avalent rien autant que l’autoroute ne défile pas comme un long ruban anthracite, cailloux contre gravillons, compactés, concassés, milliers d’énergies noires hypothétiques desquelles jaillirait à qui saurait l’entendre une force gravitationnelle sans borne. Non, c’est un corridor qui se dessine en volume, traversé d’autant de lucioles complexes et multiformes filant à travers les stroboscopes orangés et les puits de pénombre veloutée. Vue de perspective où ce n’est plus la lune qui se joue de l’œil mais les filaments tortueux d’arbres immaculés, exfoliés de leurs frous-frous.

Au Printemps rien ne ment, pas même les panneaux de signalisation. Le mirage cerbère de nos doctrines modernes formalisatrices s’en mue rachitique. On se découvre au vrai, dans un surprenant balbutiement de conscience. Singulier face à soi, seul, débarrassé de tout parasite vociférant à son unique voie rapide et sans la contingence d’abandonner l’instant à une attention civique de dépassement courtois.

Cramponné au volant je focalise un ciel parsemé de flaques ambres comme de nuées lumineuses, persiennes de la dame blanche… romantisme de circonstance que ne trouble que les traces incrustées au pare-brise, ce témoin de rappel du réel. Nous ne sommes que poussière et non lecteurs de la page d’un livre qui aurait pris le parti du hasard ou de la beauté convenue, rêvée, fantasmée. C’est qu’il en dit des choses mon pare-brise. Et elle m’apparaît sortie du diable vauvert. J’avais cru un sceptre puis une vision avant de me raviser sur un funiculaire où dans chaque cabine un petit théâtre de guignol gentillet rejouerait une scène à nous. Pourtant rien de cela, juste son visage, amusé, fataliste, un brin narcissique et pourtant contemplatif ; traversé d’arabesques brunes aux contours nus de tout apparat crayonné. Et chacun de ses battements de cœur atteint la trajectoire de mon équipée, dans ses moindres corrections de cap, dans sa plus infime variation de vitesse. Peut-être ne sont-ils que pulsars apaisés dans l’abri capitonné de sa mezzanine chaude alors qu’elle transfigure mon immédiat. Ou alors est-elle frénétique à tapoter une envolée passionnée, drôle, grave, crue. Appliquée à l’esquisse d’une aventure à hauteur d’humanité ?

Le halo se fige et laisse place à une énergie bienveillante ancestrale comme future m’enlevant à la torpeur. Elle a parfois l’âme troglodyte, je m’essaye à la spéléologie. 

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