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10.09.2008
Inutile
La différence notable entre les fêtes populaires d’antan et les « rassemblements festifs » d’aujourd’hui, est la manière avec laquelle les élites déclarèrent ces derniers incontournables. Le point commun étant le profond mépris qu’ils leurs accordent toujours.
La braderie de Lille est de ceux-là. Je me souviens encore distinctement de celle que je fis il y’a de cela quinze ans, bien que pré-adolescent. Des bradeux descendaient de leurs vieux Saviem rouillés quantités incroyables de fonds de greniers aussi prévisibles qu’improbablement rares. Les foules se mêlaient aux abords des vendeurs pour palper, marchander, marauder le fruit de la chine. Pas une terrasse de brasserie ne comptait son tas de moules-frites et ses attablés rigolards. Des bagarres éclataient parfois, entre marchands, clients, abrutis par l’alcool ou pas. La notion de fourmilière n’était pas une image d’Epinal et à 15h ou 1h du matin, on pouvait se retrouver coincé dans une rue trop étroite du Vieux-Lille.
Aujourd’hui, le quartier est devenu le ghetto bobo local. Les rues grouillent de jeunes idiots portant accoutrement idoines. A chaque ruelle, la peur de buter dans un Julien Doré béat, un urbain sentencieux ou de tomber sur l’accessoire le plus couru, la canette de Smirnoff Ice.
Les curieux ne sont que légions de couples pratiquant la coppulation buccale publique, des kilomètres de stands à kebabs ont supplantés les friteries et la seule chose maintenant l’illusion sont des commerçants occupés à céder au prix de 4€ des livres cornés achetables neufs à 6€. A chaque braderie son accessoire stupide, celui de l’année était un mini haut-parleur en plastique nasillard. Un signe des temps peut-être.
23:59 Publié dans Moutonneries | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note










