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31/07/2012

Sauver les apparences

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photo copyright : AFP

 

Pour les êtres trouvant aux temps présents et jadis ce qu'il faut de douillet pour mouvoir leur satisfaction de faire partie du monde, il est impérieux de retarder tout ce qui pourrait rapprocher d'une vision eschatologique de l'histoire. Rapiécer les avanies de l'horreur, passer à la blanchisserie de l'éthique, panser les écoulements de la bile d'orgueil, sont leurs activités à plein temps.

Au degré zéro, c'est-à-dire celui le plus proche de la glaciation morale, on peut ricaner d’aisance devant, par exemple, la création d'un organe de "moralisation" des moeurs politique. La cocasserie du recyclage d’un ancien Premier Ministre confondant la jachère avec la mise au rebus, ainsi que la présence d’une ancienne Ministre de la (petite) Santé dont le principal fait d’arme est d’avoir ouvert son carnet d’adresse aux laborantins de l’enfer, (femme dont la toilette Fortitude fit oublier la complicité décennale avec ces dernier) rajoutant un sel particulier. Au premier degré, c'est-à-dire celui perçu par les victimes de la dégueulasserie quotidienne de l’ordre social, son fumet ignoble amène l'énergie du désespoir ou conduit à l’agonie fataliste propre aux stipendiés et aux clairvoyants qu’accable l’autosatisfaction cynique et rigolarde des officiers et petits soldats aux ordres de la bête. Au second degré, il est désarmant de constater à quel point la République n'en finit plus de faire appel aux terrassiers d'abîmes comblant des vallons de mensonges où bouillonnent les idées des patriciens de Babel. Voila la nécessité qu'ont des magazines tels que Marianne, sorte de Xénophon bariolé, de s'inquiéter des égocentrismes exacerbés de quelques politiques, pourquoi en Italie gouvernance fut confiée à des experts-comptables, pourquoi la banque préféra un candidat noir du parti démocrate aux Etats-Unis, pourquoi les cartels mexicains parièrent sur un Président idiot mais sympathique, pourquoi la Pologne se croit encore chrétienne, pourquoi le peuple lui-même s'offusque de telle ou telle outrance d'un puissant. Mais comme Al Capone, enfermé dans un premier temps pour simple port d'arme illégal, fournir quelques gages de modération est obligatoire au gangster, et d'efficience à celui qui le pourchasse ; en jeu le lynchage pur et simple des deux comparses par une foule devenue hostile. Le débordement du bassin de rétention contenant les gargarismes de l'imbécile heureux qu'est le client captif des médias, c'est cela même qui inquiète le monde. Le sujet de l'hypnose ne veut sortir de sa confortable léthargie, l’illusionniste tremble à l'idée que l'effet s'estompe.

Mais l'emballage de l'étron concassé est malaisé lorsque ce dernier n'a que faire du bolduc et prend ses aises, prétendant être son propre contenant doré dans un symbolisme d'impunité triomphante. Ainsi en est-il des aventures olympiques de Mittal, rappelant au quidam que derrière le mobile du sport se cache une simple course à la mort où, comme dans n'importe-quel commerce, l'accès au temple impie est soumis à offrande. Il n'y a bien sûr rien de stupéfiant à ce qu'un prince s'offre un morceau de ce qu'il croit être l'éternité, la théorie de l'inexistence du Salut étant une des meilleurs marottes du diable. Toute la déconcertante drôlerie tient dans le discours du délégué syndical d'une usine française promise à l'appétit boursier, propos exprimant l'incompréhension quant à la présence de son patron ému au sein d'une cérémonie représentant un évènement, je cite, "de réconciliation et de communion des peuples"... Notre brave tête de gondole encartée serait bien à mal de rencontrer Lakshmi qui, entre deux foulées joyeuses, prendrait son employé par l'épaule pour lui dire à quel point il mérite d'être licencié, puisque apologiste tant du principe de la compétition que de son caractère fondamentalement biaisé. Plus Néron que Marc-Aurèle, le patron d'Arcelor-Mittal ne tente pas de sauver les apparences, forçant ses partenaires de bacchanales d'en faire de même.

Car la franchise d'un Mittal, d'un Seillière, d'un Le Lay, toutes ces courtes éruptions effusives du volcan , sont radicalement incompatibles avec l'impératif démocratique réclamant que l'on passe tout à la grande blanchisseuse de la vertu et du bonheur, comme peuvent le faire les disciples d'Apple, les harangueurs du saint-progrès, les idiots ou complices colporteurs d'ingérence guerrière, et autres voltairiens de leur mère.

 

Commentaires

En parlant de JO et de Marianne, ce dernier vient de découvrir que DE COUBERTIN en pinçait pour les nazis. Tu parles d'une découverte...

Écrit par : rob | 03/08/2012

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