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06/08/2012

Cultiver l'inessentiel.

AFP PHOTO Pornchai KITTIWONGSAKUL.jpg

photo copyright : Porchnaï KITTIWONGSAKUL

 

Il y a une sorte de phénomène d'abjection de l'homme moderne, plus généralement de l'être socialisé, envers le fait organique. Les aléas climatiques dont on raille qu'ils soient la principale conversation des vieilles dames et des agriculteurs ; les mouvements de la terre, accusés d'obnubiler l'impérative actualité politique ; la vie trépidante du cosmos, prétexte à faire croire quelques lunes tourmentées ; l'autisme du mucus, coupable d'être un agent d'une culpabilité par trop chrétienne à défaut de regarder quarante années d'agronomie démiurgique. Mais il suffit qu'un seul de ces phénomènes contredise le très saint indicateur du taux de réservation des voyagistes et c'est toute l'expertocratie attitrée qui est en deuil de la mort de « l'optimisme des ménages ».

La course au bonheur, marronnier des grands magazines hebdomadaires, se fait tête dans le guidon. En côte, en plat, en descente, petit cycliste pédale en regardant sa crémaillère, sa fourche, ses jambes tétanisées mais si peu la route. Du Mont Ventoux au vélo d'appartement ce n'est qu'un petit pas, il sautille à peine. La myopie au monde lui est obligatoire pour ne pas voir les jolies pistes cyclables goudronnées, les marcheurs harassés, les spectateurs hagards. Sa sueur, ses humeurs, sa bicyclette, là est son hypnose.

 

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