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25/12/2012

Le sapin

Pour casser la « magie » de la fête anti-chrétienne de Noël, nul besoin d'une grande théorisation de la société de consommation ou d'un rappel historique quant au paganisme forniquant avec l'église catholique romaine. Il suffit d'en constater les expressions les plus viles ou les plus tristes.

La tradition obligatoire du présent, devenue un enjeu sociologique et un marronnier à débats, oppose à ce qui est censé être la nativité, dans toute sa dimension ascétique, une manifestation de catégorisation sociale. Que le cadeau soit souhaité ou pas, qu'il soit coûteux ou offert par une bourse chiche, qu'il soit désacralisé ou sanctifié, c'est la perception moderne du cadeau qui porte à polémique... pas le fait qu'il soit l'élément indivisible d'une grande foire aux intentions, véritable parvis de païens, comme le fut l'esplanade du Temple.

Dans les foyers, très peu de traces de recueillement pour beaucoup de plénitude ventrue. Ce qu'on nomme « esprit de Noël » sent la menthe et le romarin, l'anis et la chicorée, autant d'auxiliaires digestifs qui supplantent les saints des Écritures.

Lorsque vous vous décidez à prendre à bras le corps la veillée de la nativité, la simple fréquentation d'un petit hypermarché de province suffit, pourtant, à annihiler la distanciation entre l'individu rétif et la société unanime. Ce sont les vieux, hésitants, frôlant les rayonnages comme un grand brûlé souffre de ses propres habits, et qui hantent la tristesse latente des « périodes de fêtes ». Ce sont les quinquagénaires nouvellement célibataires, visage marqué par la vie et le salariat ouvrier qui, dans une politesse gênée, dégagent la beauté du loser sublime. Tout sent la soirée de solitude et l'extra arraché à l'ordinaire agroalimentaire, bûchette dégustée ou engloutie. C'est la France qui a le cafard, la France dont les petits malins ricanent dans leurs commentaires confits à la fausse érudition; ce strapontin pour nains misanthropes et hémiplégiques. C'est la France de la besogne et de l'oubli, du fatalisme et de l'amertume bue par petites gorgées insuffisantes à faire mourir. C'est la France anonymement anonyme.

Oui, les « fêtes », comme marqueur infamant mais salutaire parce-qu'aisément visible. Fêtes chassées par une religion laïque ingrate envers un paganisme auquel elle enprunta beaucoup : on a les rejetons qu'on mérite.