06/02/2013

Génétique de l'absurde

"On a dit que les Grecs n'avaient pas approfondis la mort. Mais qu'il y a-t-il à approfondir dans la mort, puisque nous n'en pouvons rien connaître ? Elle ne peut inspirer que de malsaines rêveries.

Hésiode : « tu ne laisseras pas s'asseoir sur la pierre des tombeaux un enfant de douze ans. Tu n'en ferais qu'un homme sans vigueur. »

 

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Memento quia pulvis es. C'est tout juste le contraire. Une fois arrêtée notre attitude devant la mort, la seule conduite raisonnable est celle de n'y songer jamais. Ce sont les hommes qui ne sont pas capables de réfléchir sur la vie, qui réfléchissent sur la mort. Comme il n'y a pas en elle matière à réflexion, ils sont là à leur aise. Ce qui caractérise toutes les « pensées sur la mort », c'est qu'il n'y a jamais, dedans, de pensée."


Henry de Montherlant - Mors et vita

Commentaires

Ici, Montherlant invente complètement les Grecs : à la manière de Nitche il en fait des Romains.
Bien entendu les Grecs approfondissent la mort : le pédéraste romain Montherlant assimile toute la philosophie grecque à Epicure, le plus médiocre d'entre eux. Les Grecs ont des mythes équivalents à celui de la Genèse, qui sont une véritable élucidation de la mort comme le fruit de la volonté humaine.
- D'ailleurs même les païens font face à la mort : elle est incluse dans tous leurs rituels. Montherlant et Nitche sont donc des Occidentaux modernes tels que Shakespeare les a définis : des fuyards, poursuivis par leurs ombres.

Écrit par : Lapinos | 17/04/2013

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