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12/02/2011

Dites bonjour au post-féminisme

 

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Une radio néo-zélandaise propose actuellement de "gagner une femme" via un concours.


En Nouvelle-Zélande, il est en ce moment possible de "gagner un femme" grâce à un concours lancé par une radio locale. En effet, le vainqueur pourra choisir une femme ukrainienne à partir du site matrimonial Endless Love Agency. Il pourra ainsi partir 12 jours et aura 2 000 dollars (1 500 euros) à dépenser en Ukraine comme bon lui semblera.
Sur son site internet, la radio néo-zélandaise explique qu'il est possible de s'inscrire en cas d'attirance pour "une relation harmonieuse avec une fille étrangère assez chaude, qui répondra au mieux à vos attentes".
Forcément, le concours fait polémique. Une association de la communauté ukrainienne s'est ainsi vivement plaint auprès du gouvernement néo-zélandais. "Cette publicité est honteuse, et laisse croire que l'on peut se servir chez les femmes provenant d'Ukraine", a expliqué le porte-parole dans les colonnes du nzherald.co.nz. "Ils ne font que perpétuer le stéréotype. Nous avons des emplois. Nous contribuons à la Nouvelle-Zélande et à sa société."
La radio a cru bon de préciser que le concours, qui se terminera le 28 février prochain, n'offraitf pas de voyage en Nouvelle-Zélande pour une Ukrainienne rencontrée sur place.

 


podcast

Jean-Louis Costes - Je l'ai acheté au marché

04/01/2011

Combiné nordique

L’Europe et le peuple tonnent, le gouvernement s’exécute : il y aura des sanctions suite aux « dysfonctionnements » observés dans les transports publics lors des chutes de neige. Des employés de bureaux ne purent rentrer chez eux à l’heure, d’autres subirent quelques tôles froissées, des voyageurs restèrent en long transit dans les aéroports, des transporteurs sachant transporter furent empêchés de nourrir le flux tendu de marchandises… pauvres hères.
Pourrait-on penser plus funeste sort qu’attendre son métro aérien mettant la diagonale des pays à la portée de la seule durée d’un film. Misère. Le temps d’une sieste sur son sac, dans l’aéroport qui n’était pas au goût de Jacques Attali, l’usager observe sa montre : « j’y serai déjà… » soupire t-il. Le somme prend le féminin.

Alors, on prendra des mesures punitives, pour avoir tant volé du temps des français. Temps s’il en est précieux, il faut bien se consacrer à son facebook, à son post, son hfr, sa console de jeux vidéos ou ses livres cavalièrement lus et tout autant oubliés. Panpan culcul, fessée au vilain écrou du rouage. Contre les responsables des collectivités fautives avec la tranche d’un rapport d’expertise accablant, contre ces feignasses d’avion à grands coups de Manuels Valls dans le réacteur, contre la route coupable d’avoir trop cédé à la neige, contre la neige en personne même.
« A l’issue de la commission d’enquête parlementaire, j’ai pris la décision de révoquer la neige de l’agenda météorologique 2011 de l’union européenne. Ceci a effet immédiat et des dispositions sont déjà prises pour que les forces de police de l’union interpellent tout flocon circulant dans le ciel Schengen. »
Malheureusement pour vous, cela n’arrivera pas. Pas de housse géante ou de Richard Dawkins protégeant les villes avec la cape de scientiste-man, d’une vilaine grande blanche. Encore de la neige qui mouille et glisse. On pariait sur la domestication de la nature mais rien à faire, elle n’a rien à foutre des Lumières.

Bientôt le salut espèrent-ils tous alors. Pourquoi pas une neige aux ions argent, pour éviter la redéposition des bactéries sur la chaussée et limiter les risques d’infection lors d’une chute ? Ou des nuages qu’un drone irait encesemenser de nanoparticules programmées pour empêcher la poudreuse d’être glissante. Le ciel offrant une neige en plastoc pénétrant l’épiderme et nous faisant se transformer en gros bonhommes laiteux pour nous punir d’avoir voulu la dompter.

 

07/12/2010

Footix et Maurice Allais

Sacré Cantona, il réussit a mettre une jolie pagaille de clochers. J’avoue avoir une sympathie ancienne, bien que peu au fait de ses exploits footbalistiques, pour le bonhomme. Un footeux qui décochait un coup de pied magistral à un spectateur imbécile l’invectivant, ne pouvait qu’être félicité et supporté. Rompant avec la logique commerciale, il refusait l’hypocrite et déférente compréhension dont peuvent jouir les spectateurs dans le sport business, et, dans la vie ordinaire, ce demi-dieu qu’est le « client roi ». Qui n’a pas eu l’envie de rosser un « consommateur » rudoyant injustement un employé de libre-service ou un livreur, muets car « au service du client » ?

Aujourd’hui, malgré son coup de bluff et sa posture profondément urticante de nouveau bourgeois donneur de leçons faciles, il conserve cet éloge pour la nature révélatrice de "l'évènement". Car, dit pour dit, l’effarant bon sens dont il fit preuve ne rajouta qu’une dimension supplémentaire aux réactions outragées des uns, aux nuances (gênées aux entournures) des autres, à la signification in-fine de l’évènement.

Si les banques ne tremblèrent guère, on ne pouvait pas en dire autant du monde politique. Panique et stupéfaction dans les galaxies partisanes de tous bords, des libéraux sentencieux mais flippés, aux« anticapitalistes » bien dépourvus mais officiellement circonspects. A droite on raillait, ou plutôt temporisait, le caractère symboliquement dévastateur d’un mini bankrun. L’existence même d’un communiqué, d’une déclaration ou d’une réaction de perchoir, offrait ce savoureux sentiment de fin de partie idéologique. Où furent donc les défenseurs du Léviathan financier profitant à l’économie réelle ? De quelle extinction de voix furent pris ceux désignant comme axiome délirant et scélérat la concomitance entre l’intelligence et la réussite matérielle ? Plumés par Madoff ? Rendus aphones par un modèle mathématique foireux ? A moins que la négation du réel, rigolarde mais affirmative, soit passée de mode. Aujourd’hui, on respire et pavoise : personne n’a « cantonné » 

A gauche, c’était la mise en branle de la très officielle et respectable Sainte Raison comme on invoquerait Saint Jude, pour cacher la déception ou la colère de n’avoir aucune préhension sur cet objet médiatique parfaitement identifié. On proposait également des alternatives improbables http://blog.mondediplo.net/2010-12-02-Ne-pas-detruire-les... destinées à ne pas totalement perdre la main ; le billet et les réactions de ce lien valant bien plus que n’importe-quel essai sociologique ou pamphlet quant à la compréhension de la psychologie roublarde d’une certaine gauche dite progressiste. Le degré d’adhésion ou de compréhension à la révolution « cantonesque », lui, tranchait agréablement avec ce que l’on peut trivialement appeler l’effet moutonnier inhérent à des appels de célébrités : chacun reste libre de son choix et de son caractère discrétionnaire, on est presque dans le registre du don ; l’argent a une prépondérance telle qu’il empêche un acte déraisonné lié à un simple effet de mode.

On peut s’appesantir sur l’aura d’Eric Cantona en déplorant, avec justesse, qu’un ancien sportif ait recueilli une écoute plus attentive et immédiate qu’un économiste, un sociologue ou un polémiste avisé. Mais cela serait oublier, dans l’optimisme ambiant, un détail : la prise de conscience ne se fit qu’au bord du précipice ou au fond du trou. Car il y a matière à se rafraîchir prestement la mémoire et avoir souvenir de ceux que l’on nommait les oiseaux de mauvaise augure, coupables d’un pessimisme trop réaliste pour être séducteur durant les périodes de « gagne » boursière. S’excusera-t-on auprès d’un Denis Collin ou d’un Michel Drac, des procès en sorcellerie dont ils furent l’objet ? Il est malheureusement permis d’en douter.

Le caractère récent de la reconnaissance par le peuple (toi, moi, vous, nous) au sens large, de la nuisibilité d’un système et de ses acteurs ne se fit malheureusement pas sur la base d’une analyse raisonnée précoce mais sur la constatation tardive de son inefficacité. La mise en exergue généralisée de l’immoralité de ce même système ne fut pas l’objet exclusif d’une conscientisation morale, au regard de référents religieux ou liés à la morale et la décence, mais le simple corollaire grégaire d’une perte subite du pouvoir d’achat et le rapport inique entre les profits des uns et les pertes des autres. Les quelques titulaires de comptes bancaires ayant vidés intégralement leur bas de laine sont, d’ailleurs, des gens de peu, aucun membre de la grande classe moyenne n’ayant décidé de sévir.

 

réalisé avec trucage

 

Ce n’est pas aujourd’hui et probablement pas demain que le peuple sonnera au sas de sécurité de la tirelire du coin. Plutôt que de syndrome du Titanic, nous sommes frappés du syndrome du parachute, préférant se jeter dans le vide, persuadés que l’interventionnisme à ouverture automatique viendra toujours se déployer à la bonne altitude et retenir les chuteurs engoncés que nous sommes. Jusqu’au jour où la toile viendra à manquer.