12.08.2008

Atatürk de poche

Lorsqu'un Bourgeois (qu'il soit Social-Démocrate athée, Chrétien, Païen ou agnostique) reprend ses vieux réflexes conquérants, ses déconvenues ne sont ni assumées, ni rejetées d'un revers de main... Non. Tout simplement se victimise t'il du mieux qu'il le peut.

¤ Le libéralisme est un système dont les cycles deviennent de plus en plus instables de par la rapacité de ses propres acteurs. De poupons petits économistes et de fringants ex-Maoïstes viennent alors expliquer à la populasse qu'il serait de bon ton d'un être un tant soit peu « responsable » et consentir à rogner sur ces « avantages » que sont le ticket resto, la sécurité sociale et l'allocation chômage.

¤ La guerre en Irak est un sable mouvant aspirant hommes, crédibilité et dollars. Qu'à celà ne tienne. Il suffit de présenter la première armée du monde comme mal-équipée (et non sous-équipée), coordonnée par une bande d'imbéciles propagandistes n'y connaissant rien en tactique militaire et par dessus le marché désinformée par l'arrogance de nos propres dirigeants. Encore quelques mois et un nouveau Président paraphrasera « si j'avais su, j'serais pas venu ».


¤ Une ratonnade Parisienne de la LDJ tourne à son désavantage et voici le ratonneur ratonné. Quoi de plus classique. Mais plutôt que de se taire, faire profil bas ou tenter une revanche ; les joyeux casseurs de Belleville se tournent vers micros, flash et caméras hurlant à l'antisémitisme.

La manœuvre est simple et modérément risquée puisque pariant sur la compassion irraisonnée touchant l'Occidental et muant, au gré des ans, les affairistes en rationalistes, les colons en pacificateurs, la plèbe en exemple.

Le rapport avec l'actualité estivale? Ma foi aucun.

 

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09.08.2008

La journée d'un imbécile

Il est 8 heure et Monsieur Toutlemonde se réveille avec peine. Il a peu dormi pour passer une partie notable de la nuit à parcourir les forums francophones, les blogs en vue, les sites des grands journaux afin de discuter, citer, argumenter, contredire ; donner son avis en somme. Mr Toutlemonde adore cela. Il en est persuadé, le net révolutionnera sa vie et celle des autres. Enfin les autres... n'exagérons rien. Juste ceux qui, comme lui, savent se servir de cet outil formidable pour propager les bienfaits de la Démocratie.

 

08h30 Mr Toutlemonde a vite englouti son café, un peu trop fort à son gout. Du gout, parlons-en. Mr Toutlemonde vient de découvrir milles façons de torréfier son café et top du must, l'expresso-percolateur à piston dynamométrique. Grâce à lui, Mr Toutlemonde avance fièrement son goût de bon alloi, Mr Toutlemonde est désormais un aristocrate.

 

08h45 Mr Toutlemonde s'engage dans les corridors du métro. Prenait-il, peu de temps encore, son vélo mais depuis qu'enfourcher sa bicyclette c'est être de gauche, il y a renoncé, car détestant le conformisme. Mr Toutlemonde a, certes, voté pour Ségolène Royal aux dernières Présidentielles mais faut pas pousser.

 

09h30 Mr Toutlemonde est enfin arrivé à son bureau. Il aime son « espace de travail ». Ici tout lui parait plus clair, plus étudié, plus en adéquation avec la rationalité dans laquelle se devrait de baigner l'intégralité de ce monde. A peine salué ses collègues, Mr Toutlemonde se tourne vers son écran. Répondre aux mails est une préoccupation essentielle. Grâce à ceux-ci, il se mue en employé consciencieux et aguerri. Ici, il assure un client de la prestance avec laquelle il s'occupera de son cas ; là bas envoyant en copie-cachée à son supérieur hiérarchique un mail dénonçant l'incompétence d'un subalterne. C'est un employé modèle.

 

Midi... Il est l'heure pour notre héros d'aller se sustenter. L'endroit est tout choisi, il ira chez Paul. Ce genre de...boulangerie lui convient parfaitement, il sait qu'aucune mauvaise surprise ne l'y attend. Le pain et sa maigre garniture sont identiques où qu'il se rende, les employés dociles usent des mêmes formules de politesses apprises par cœur dans l'énorme classeur tenant lieu de référentiel comportemental commun. Et puis il y'a ces ersatz d'authenticité que sont les fausses poutres placées au plafond. Bien sur, Mr Toutlemonde pourrait déjeuner dans la gargote que nombre de ses collègues lui recommandent mais l'hygiène y est-elle acceptable? Et pire, il devrait supporter les conversations des couvreurs rénovant l'immeuble voisin, or Mr Toutlemonde est anti-populiste. En conclusion de sa commande, une coupelle de fruits brillant des additifs leur permettant d'attendre le consommateur, il n'a pas oublié : « cinq fruits et légumes par jour ». Et puis ce n'est pas céder au Bio et tourner le dos au progrès que de manger ces agapes acides sous cellophane. Une date de péremption, même ici, est un minimum.

 

13h Son frugal repas, dépourvu de calories et de graisses indésirables, terminé ; il passe à son kiosque. Regard rapide... Il hésite entre Libération et Marianne. Ce sera le second. Depuis que l'hebdomadaire a dévoilé de Marion Cotillard sa face d'ignoble conspiratrice et crié que la laïcité était en danger (puisque c'est Kahn qui le dit ça ne peut être faux), il a pour lui la plus souriante attention. Après cette revigorante lecture, il en est convaincu : il lui faut acheter un bouquin de Baudrillard... à moins qu'un bon scud de Finkilekraut...

 

13h35 Rapide passage sur Wikipedia... Baudrillard et Finky étaient comme chien et chat. Rien de grave, il prendra les deux ; on se cultive ou on ne se cultive pas. Mr Toutlemonde se veut élitiste.

 

14h30 Réunion de groupes. Mr Toutlemonde a soigneusement préparé son intervention, pas question d'y être autre chose qu'irréprochable. L'atmosphère est propice a ce genre de débat. C'est un lieu aseptisé et dépourvu de la personnalisation outrancière que sont les mugs, photos de familles et autres sensibleries ; tout lui est à son aise. Il sait que ce décorum plastifié et improbablement ascète galvanisera son auditoire. Le contenu et rien que le contenu se dit-il. L'habillement n'est pas en reste... Chemise ceintrée, costume de marque ; ce serait une épreuve que l'impression d'être vêtu comme ces beaufs du second étage arrivant en costard acheté dans une enseigne de centre-commercial. L'I-Phone est éteint, place aux usages.

 

16h00 La réunion c'est déroulé sans le moindre accroc. Comment en aurait-il pu être autrement. Mr Toutlemonde apprécie ces instants où le sourire policé, feignant presque la reconnaissance, rejoint l'hyper-rationalisme corrélé à la hiérarchie. Celui qui a raison et avant tout celui par lequel se décide le salaire. Il en est acteur et scénariste, bourreau et victime. Avec plaisir.

 

17h00 Il est temps de rentrer chez soi, non sans avoir consulté son compte e-bay. Nouvelle de taille, un inconnu a acheté pour près de 25 fois leur mise de départ, les vieux jeux-vidéos qu'il avait acquis une paille. Une aubaine... Le rêve secret de Mr Toutlemonde : être rentier et se gausser des pauvres qui bossent.

 

18h30 Arrivé à son domicile, Mr Toutlemonde se précipite sur son ordinateur. Direction Facebook, les commentaires des sites de grands hebdomadaires et les forums généralistes. De la nouvelle « hype » aux gromellements aigris et sentencieux, il n'y a qu'un pas que notre brave Monsieur n'hésite jamais à faire. Parfois même, face à son écran, il éructe seul face à ceux qui ne pensent à sa manière. Ah ces « fascistes », ces « obscurantistes », pauvres franchouillards opposés à la marche du monde et repliés sur leur petite vie dérisoire. Avortement, Jeux-Olympiques, Antisémitisme, Scepticisme, Homosexualité, Euthanasie ; il est de tous les combats qui comptent.

 

19h30 Mr Toutlemonde se sent beaucoup mieux, ses procès d'intention numériques ont parfaitement remplis leur office; les contradicteurs sont outrés des qualificatifs portés à leur encontre et d'aucun parfaits inconnus ou un peu moins, se portèrent au secours de notre justicier. Incroyable comme on peut abonder en votre sens sans qu'il ne soit besoin de concertation préalable en ce bas monde. De ce constat, lui viennent somme d'expérimentations à exploiter dès le lendemain. Peut-être cela lui servira t'il professionnellement.

 

20h15 L'ennui pointe déjà lorsque le téléphone sonne. Un ami lui propose une petite sortie de groupe, voilà l'occasion d'abandonner sa solitude urbaine et de renouer avec le « vrai ». Ressassant ses rapides motivations, il se mue là selon lui en intellectuel. L'écriture d'un manuscrit en serait la synthèse idéale.

 

21h30 Mr Toutlemonde est de mauvaise humeur... Prendre sa voiture fut un vrai calvaire, entre ces « beaufs incultes » de routiers, ces « débris » que sont les vieux ne traversant pas assez vite, et ces « poujadeux » de chauffeurs de taxis, la coupe est pleine. Quoi de moins étonnant. Il l'avait pourtant dit : le rapport Attali était une chance pour la France... et l'Europe !

 

21h35 Bises, salutations, la troupe est au grand complet. Sur la grande avenue, l'hésitation quand au lieu de restauration est épique : kebab, Chinois, Grec ou Indien ? Ce sera l'Indien, lieu de volupté et de bon goût.

 

21h45 Le lieu est choisi et les convives attablés. En fin connaisseur des cuisines du monde, Mr Toutlemonde se permet de conseiller ou plutôt choisir apéritifs, entrées, plats et desserts. Au soulagement de certains et à l'agacement d'autres. Une fois les premiers verres servis, quelques nez prudents et taquins font remarquer une odeur mêlant la douceur d'un bain moussant premier prix aux flagrances piquantes d'un désodorisant pour toilettes. A ces intolérantes assertions, Mr Toutlemonde réplique par des piques suggérant le « racisme » des deux malotrus. Fin d'un débat, qui n'avait du reste pas commencé, tout le monde patiente trompant le silence par de monotones échanges de nouvelles.

 

22h30 Après une entrée tant succulente que personne n'en dit mot de régal, viennent les plats. Les mêmes couverts conservés font de la nappe en papier un kalidéoscope de circonstance. Mr Toutlemonde embraye en trempant avec grace sa fourchette tâché jusqu'au manche dans ce qui semble contenir un ragout indéterminable. Boeuf, agneau... poulet, tout cela est si surprenant. Il ne peut s'empêcher de ponctuer chaque bouchée d'un adjectif paroxistique : « hmm succulent... ».

 

22h32 « Oui enfin succulent, succulent... J'ai bu un apéro qui avait le goût de canard wc, la viande t'arrache la gueule tellement elle baigne dans la sauce et l'accompagnement est plus radin que chez le Chinois... j'ai connu franchement mieux » Cette brutale quoique discrète remarque, tétanise notre héros moderne. Difficile d'opposer une quelconque accusation de fascisme envers une voisine de table féministe, anti-paternaliste et ayant animé un blog « anti facho « durant la précédente campagne présidentielle. Que faire...

 

22h50 Se resaisir et commander une conclusion au diner autochtone tout en contant sa journée. Entre deux bouchées de glace à la vanille, tout le monde rit de bon coeur à la performance capitaliste de Mr Toutlemonde sur le site d'enchères. Voilà un sujet autant fédérateur que le dessert.

 

23h30 Il est temps de partir, la tablée s'ébroue et chacun de regagner ses pénates. Un coup de démarreur, aucune réponse. Les autres essais seront vains, appel à l'assistance, une dépanneuse prend en charge le véhicule et un taxi notre infortuné. En trajet, Mr Toutlemonde s'étonne de l'aspect chiche du véhicule. Le chauffeur lui explique qu'il est salarié et locataire de son outil de travail. Ses horaires sont infinis et son salaire inversement proportionné. Silence.

 

00h55 Rentré de ses péripéties, Mr Toutlemonde s'épanche de sa mésaventure sur internet et selon le principe d'action-réaction, crée un sujet sur l'exploitation des taxis salariés. Quelques réponses indignées du sort de taximen fusent, à l'exception d'une faisant remarquer que l'auteur du-dit sujet préconisait la libéralisation totale de cette catégorie de profession, et il y'a de cela quinze jours. L'expresso destiné aux puristes est décidément trop compliqué à la manipulation.

Fatigue quand tu nous tiens.

04.08.2008

Mémoires de cocus

Le silence de Soljenitsyne post Gorbatchev rappelerait presque cet ancien membre de Solidanorsc écrasant, dans un contre-jour interviewesque, des larmes sur ce qu'étaient devenues Gdansk, Varsovie et la Pologne toute entière ; vendues au Monde.

For a better World.

29.06.2008

Jeux de dupes

Le succès de JCVD dans le monde des affilés intellos et ceux tentant de les singer est avant tout le triomphe de l'intention. Un hymne Protestant qui s’ignore en quelque sorte.

Qu’il faille qu’un acteur considéré comme souffrant d’une tendance à la fulgurance soit soudainement considéré par force de plans séquences, de gros plans en clair-obscur comme un incompris voilà bien la preuve de la dictature des conventions. Y’aurait-il eu avant ce film, une seule bonne âme pour imaginer autrement Jean-Claude Vandamme ; acteur au moins plus honnête que Romain Duris, car les prestations du premier sont réellement physiques lorsque le second résume son jeu à une mine contrite d’imbuvable petit bourgeois urbain. Désormais, car obéïssant à la stricte codification de la démonstration rédemptrice, voici notre Jean-Claude mué en héro discret et incompris (ce qui est au demeurant vrai). Bref vous êtes considérés comme un imbécile, sauf à démontrer le contraire, que dis-je : l’obligation de démontrer le contraire. L’algèbre cachant son dictat partout où cela lui est possible. Comprenez le Romantiste des vrais rebelles, demandant l’exact opposé.

 

Les maudits, refusant la tartufferie du faux lyrisme qui cache la vrai mystique de l’obsession Freudienne, prennent parfois des habits encore plus singuliers. Ou plutôt les devine t’on en observant les traits de leurs ennemis. Fourniret fut-il tant raillé, haï et présenté comme l’incarnation du mal absolu de par sa cruauté ou plutôt car sa quête originelle de virginité (tantôt présentée comme une excuse, tantôt l’alcôve de ses pires pensées) horrifiait les pensées libidineuses de ceux pour qui Alizée n’aurait décidément jamais du grandir et voyant le string, la cravate et le bleu de travail comme l’avenir de la femme ? Est-ce un hasard de l’actualité si on osa comparer, avec une dégueulasserie propre aux Athéegristes et aux Démocrates (au sens Grec du terme), les Musulmans à ce criminel…

 

De même que le sort du sélectionneur national, lapidé pour crime de sentimalisme fut également aussi cocasse que révélateur. Défêquer sur un personnage public, ayant brièvement cédé à la sensiblerie amoureuse car il aurait bafoué la sollenité d’une défaite, l’obligation de communion, la dignité du vaincu et autres hypocrisies. Car qui oserait invoquer aujourd’hui, sans crainte qu’on lui rigole au nez, des valeurs de principe pour le sport, hormis celle de la mystique de groupe, du fric et de la duperie du peuple, trop occupé à chercher Dieu et la guerre dans un stade. Imaginez deux secondes des templiers crachant à terre durant le concile de Troyes. Lui reprocherait-on plutôt un élan circonstancié du coeur alors que sa femelle ne cillait pas, toute dévote à son « professionnalisme "? Le cortex gauche triomphant du droit.

07.06.2008

Manifestation féministe

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19.05.2008

L'héritage de mai 2008

21 Mars 2028

Bulletin d’information UPA (United Press Association), province Européenne de France

La Présidente de la République Clémentine AUTAIN , a nommé au gouvernement le philosophe Michel Onfray, Secrétaire d’Etat à la Laïcité. Il sera chargé d’une mission prospective visant à fonder les bases d’un Secrétariat National au Progressisme dont les contours demeurent encore à définir.

Les employés en grève du centre commercial Attali III de Clermont-Ferrand, ont été dispersés sans ménagement par les BIASP (Brigade d'intervention des auxiliaires de sureté publique) de la compagnie privée CERBERUS.  Les agents de cette dernière firent usage de grenades à micro-ondes. C'est la première fois que ce genre d'équipement est utilisé en Europe à des fins de maintien de l'ordre citoyen.

André-Comte-Sponville, Président Honoraire du Conseil au Commerce et Finances vient de signer avec le fond d’investissement Chino-Américain TEPES, le rachat de 65% des Musées et Bâtiments Historiques Nationaux. Cette vente ayant rapporté la bagatelle de 5 milliards de $ servira a couvrir le déficit créé par les subventions d’actions secours, mesures octroyées massivement aux entreprises suite à la crise boursière de 2013.

Un homme de 52 ans a été mis en état de rétention sociale pour avoir voulu empêcher la fin de vie sanitaire décidée par le Groupement Médical d’Intérêt Social, de sa mère de 67 ans. Celle-ci souffrant d’une forme rare de trouble neuro-dégénératif, il avait été décidé par huit voix contre deux qu'il serait mis fin à l'état d'indignité manifeste de la patiente.

Les Conteuses numériques « Koz » et Agnès Maillard » viennent d’être sacrées Chevalières des Arts et des Lettres « en hommage à leurs œuvres et pour leur lutte en faveur d'un débat public de ce nom », fin de citation.

La dernière autoroute de libre transit a aujourd’hui été fermée. Le réseau intercitadin est passé dans son intégralité au système de contrôle intelligent des flux routiers, permettant de prendre le contrôle de n’importe quel véhicule dont le comportement ou la vitesse seraient en mesure de perturber la fluidité de la circulation.

 

06.05.2008

Ad-hominem

En parcourant le net, j'atterris sur un article de Marianne donnant tribune à un comique officiant au Jamel Comedy Club (qui prouve à lui seul que les remakes de concepts Ricains peuvent être tant mauvais que les remakes ricains de concepts français). Le comique troupier débutant dit qu'il ne peut et ne veut blairer le tri sélectif ; pur produit d'une dictature hygiénisto-Socialiste ourdie par Bertrand Delanoë. S'il n'a pas tort sur l'aspect Orwélien du Conservateur maniéré du Marais, obsédé de rendre son ghetto pour Bourgeois de gauche et de droite en ville lounge (prononcez « laoungann ») piétonne, je me méfie toujours : des nihilistes proprets tendance trouduc urbain bossant dans la finance ou le marketing ; des laborantins Darwiniens. A croire que la pensée faussement « réac' » (encore une auto-dénomination de publicitaire) a le vent en poupe et honnit-soit mal y pense verrait dans les permanences télévisuelles de Zemmour chez Ruquier un signe des temps. Alors, l'espace d'un instant j'espère naïvement que ce pro de la zygomatique va m'en donner pour cher, torpillant au passage mon sceptiscime mais non. Lisant ensuite les bonnes consciences des Marionnautes dont certaines regrettent Desproges et Coluche, j'exume subitement les propos de Gérard Oury dont je parlais ailleurs, un jour. Le brave homme disait peu de temps avant sa mort que les aventures de Rabbi Jacob n'auraient jamais vues le jour en 2000, sans avoir sur le dos un soupçon totalement délirant d'antisémitisme, ceci dû à l'Américanisation des pensées. En clair un comique se doit de faire rire ce pourquoi il fait bon rire et ne pas sortir de son rôle d'amuseur mondain, genre propre au stand-up.

 

Exemple flagrant que Dieudonné. De sa pitrerie, on reprocha en sous-main bien moins l'expression un peu balourde de ses convictions que le fait d'avoir distinctement fait le lien entre Sionisme et nationalisme de droite/d'extrème droite quand d'aucuns le prétendent de gauche. Lorsqu'un comique appelle un chat autrement que chien, on le rappellera promptement à son devoir de divertissement commercial ou autrement tombera la sentence : la censure et l'oubli.


 
Car le comique est devenu une sorte d'anti-chambre des idéaux de la nouvelle classe moyenne. Le comble du modernisme donc. On tourne en ridicule le beauf d'ancienne génération et son surréalisme fait rire dans les chaumières, rassurant ces dernières sur leur propre condition donc entrainant une adhésion factuelle (on écoute/lit/regarde ce qu'on aime comme disait d'ailleurs Kahn) correspondant bêtement à un segment de marché (les petites d'annonces d'Elie I II , Camping ect...) Rire de l'Eglise Catholique crée toujours les petits glapissements goguenards de gentils "courageux" à l'abri de deux siècles d'anti-cléricalisme et se gausser de l'Islam donne un petit cachet libertaire en terres historiquement laïques.

 

D'ailleurs Desproges était-il autre chose que le représentant d'un petit cénacle autorisé à se foutre de la gueule des pauvres, des syndicalistes et des électeurs du Front National? Coluche pensait-il autrement que le néo-colon adepte d'un métissage généralisé dont la pensée post-moderne eugéniste serait la religion mondiale?

 

20.04.2008

Agent double

Dans la famille unanimité, j'appelle Aimé Césaire. Quoique j'aurais pu demander Desproges...

La Négritude ou les prémices d'un ethno-nationalisme avec pour seul dessein de laisser les noirs esclaves de tribalismes rendant incapable toute transcendance vers une quelconque idéologie révolutionnaire. Comme si les colons avaient éveillés les fils de l'élite noire à une quelconque fierté sans y voir un à propos de circonstance. Ils eurent les deux : enfermer l'indigène (lettré entendons-nous) dans une posture pédanto-victimisante indépassable (le Nationalisme ne s'assume et se cultive que par les armes et lorsque l'on sait ce qu'est le nerf de la guerre, comment pourrait-il la faire aux blancs sinon s'entretuer) et s'absoudre d'une double dette. L'auto-amendement quand à l'agression Colonisatrice puis le déni de responsabilités. « Nous partons puisqu'on nous le demande après-tout... Rendons leur la liberté » ce qui revenait à dire à l'époque : « Plutôt les laisser à rêver d'une impossible revanche que devenir Communistes et la rendre effective »

Les premiers à faire la morale au monde Musulman pour mieux le rêver Occidental, ceux-là même devenus les surprenants apôtres d'un pseudo auto-déterminisme...

Avé Aimé, les hypocrites qui s'inclinent sur ta dépouille te remercient. 

10.04.2008

Florent Brunel Connection

S’il y’a un antagonisme Occidental c’est bien la détestation du miroir. Car après tout que voir d'autre dans l’intolérance envers les Musulmans et désormais les Chinois qu'une certaine haine de soi.

Que deviner d’autre derrière les impuissants et grotesques petits bonhommes en bleu escortant la flamme olympique qu’une transposition de la petite police de la pensée Post-Moderne. Avec ses caciques, ses caricatures, ses infiltrés, son peuple complice.

Qu’espérer d’autre d’une civilisation menant à son terme le principe d’hypocrisie en se désistant de la frénésie consumériste sur la synthèse parfaite de l’anar-capitalisme. Qu’advient-il d’hommes si férus de cet altruisme compassionnel servi à la louche mais incapables, dans un exercice réglé tel du papier à musique, d’appréhender l’autre dans ce qu’il a de pavlovien, insensibles à la syndication nationaliste et amoureuse d’un peuple tout entier.

Que songer d'autre de féodalités mondaines si promptes à dénoncer la moindre forme de religiosité, jusque dans le respect de la nature (considéré par certains comme un intolérable déïsme) tandis que j’imagine sans peine le haro que provoquerait la religiosité bigote des Bouddhistes si d’aventure ils songeaient faire de Robert Ménard la seconde réincarnation d’Edgard Hoover. Un défilé de moulins à prières au pays de Jean Meslier aurait une certaine gueule.

Que dire d'autre de braves défenseurs de l’opprimé, capables d’embrasser la lutte identitaire d’un pays sur lequel se juchent intérêts stratégiques et honneur d’une nation lorsque ces mêmes hypocrites crient ici bas, la main sur le cœur et la gauche en bandoulière, leur européanïsme forcené ; condescendants envers quiconque aurait l’audace de douter de l’intérêt du fédéralisme.

Les Jeux Olympiques en Chine ne sont pas une honte, c’est leur existence même qui est une insulte à l’esprit (si tant qu’il existe) du sport. Une sorte de Libéralisme fardé des atours de la compétition juste et transcendante, là où ne subsiste que la représentation des intérêts grégaires de ce qu’on nomme la « com institutionnelle », les athlètes transformés en PLV...

De l'inutilité des combats en retard. 

06.02.2008

Bison Futé

En matière de politique politicienne, il y'a mille et unes façons d'envisager effectuer une analogie de fait entre une personnalité publique et une orientation idéologique. Cela peut autant être un travail sociologique, qu'un référentiel historique mué en sain réflexe. Mais on a beau se vouloir de toutes les attentions compassionnelles envers les gens mal-informés, parfois des claques se perdent. Il y'a pas moins d'une heure, je voyais un militant Républicain (remarquez il avait une bonne bouille de Libéral-Conservateur à la Française tractant à la fin d'une manif pour Liberté Chérie), expliquer combien les différences entre Obama et Clinton (Hillary l'eunuque et non Bill la Castafiore) étaient nombreuses et à quel point il devinait en cette dernière la décadence à l'état pur. Certes, la Sociale-Démocratie à l'Américaine, mélange d' hygiénisme progressiste et de libéralisme cool est un des plus nauséabonds courant politique Occidental mais venant d'un pur produit Pharisien Luthérien* ( nos Cathos ultra-libéraux en somme ), le propos était surréaliste. D'une car d'un courant politique qui porta Hoover, Reagan et Bush Junior aux nues, le sceptre d'une faillite morale tient de la harangue auto-appropriée, de deux car la seule vision que se devrait d'avoir ce garçon est la politique extérieure des candidats en lice (j'y reviendrais plus tard). Hors sur ce point, ils sont tous à égalité, il n'y a qu'un urbain Français ou un étudiant à Sciences-Po pour se passionner de l'issue d'une bataille entre Pepsi et Coca-Cola et ceux qui verraient en la plus célèbre cocue au monde une amie de la vieille Europe de déchanter, elle œuvrera comme son illustre mari à un impérialisme bien plus retords : la guerre économique.
Qu'il faille toujours positionner un personnage sur un échiquier devient en certaines contrées un exercice de style lassant. Que songer par exemple en France. Si on interroge dix quidams, neuf voir dix vous répondront qu'Olivier Besancenot est d'extrème gauche. A y observer de plus près (de très loin pour tout dire), j'ai toujours eu l'interrogation fine quand à l'orientation d'un Poujadiste de la première heure donc petite graine d'un terreau gauchiste (vous voyez de qui je veux parler si si) et de celle d'un rejeton poupon des chantres du mondialisme comme du relativisme et ne faisant peur qu'à son propre camp. Le pire ennemi d'une cause est toujours le plus zélé de ses avocats, sinon comment expliquer l'étonnante marge de manoeuvre médiatique laissée au héraut de la LCR s'exprimant à sa guise.
La méprise ne s'arrête pas là. De feu-la Mitterandie, on ne retient que la cour et un bon droitiste de pester contre Tonton, ce socialo-gaucho permissif. Fi de l'influence Maurassienne, du Mitterand mettant la gauche tendance Sociale-Démocrate face à sa propre ineptie, du Sphinx jaugeant à leur juste valeur de bouffons ses conseillers et courtisans (ah l'ineffable Atali), aux orties l'homme d'Etat. La vie est faite de malentendus.

Notre gentil neuneu Républicano -Conservato-Libéralo-Authentico-Capitaliste aurait pourtant eu maille à partir avec ses pères, tant ses craintes sont anachroniques avec l'idéal dont il est dépositaire. Les Etats-Unis, patrie auto-proclammée du Libéralisme (dans la pratique l'Inde l'est bien plus) sont le pays des Libertés, de la Liberté, défouloir d'intérêts particuliers. C'est une sorte d'anarchie perpétuellement expansive, peuplée d'anti-souverainistes paradoxalement colonialistes (l'auto-gestion oui mais sous la tutelle d'un Dieu humain) à tendance paranoïaques (le déclin, l'envahisseur, l'ennemi fourbement tapi dans l'ombre). Dans cette super-structure technocratique régie en féodalités où les grèves ne portent pas sur comment l'Etat pourrait améliorer les destinées individuelles mais sur les modalités de remboursement des soins généralistes par les "Sécurités Sociales d'entreprises", comment, comment diable ce garçon pourrait-il tant croire à la temporalité de ce système? Hmm...

 

* Bien loin de moi l'idée d'un anti-Protestantisme, je ne jette ni le bébé, ni toute l'eau du bain

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