30.06.2008

L'instant skyblog

Beauté singulière. 

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01.04.2008

What else?

Les arches de pont la nuit n’avalent rien autant que l’autoroute ne défile pas comme un long ruban anthracite, cailloux contre gravillons, compactés, concassés, milliers d’énergies noires hypothétiques desquelles jaillirait à qui saurait l’entendre une force gravitationnelle sans borne. Non, c’est un corridor qui se dessine en volume, traversé d’autant de lucioles complexes et multiformes filant à travers les stroboscopes orangés et les puits de pénombre veloutée. Vue de perspective où ce n’est plus la lune qui se joue de l’œil mais les filaments tortueux d’arbres immaculés, exfoliés de leurs frous-frous.

Au Printemps rien ne ment, pas même les panneaux de signalisation. Le mirage cerbère de nos doctrines modernes formalisatrices s’en mue rachitique. On se découvre au vrai, dans un surprenant balbutiement de conscience. Singulier face à soi, seul, débarrassé de tout parasite vociférant à son unique voie rapide et sans la contingence d’abandonner l’instant à une attention civique de dépassement courtois.

Cramponné au volant je focalise un ciel parsemé de flaques ambres comme de nuées lumineuses, persiennes de la dame blanche… romantisme de circonstance que ne trouble que les traces incrustées au pare-brise, ce témoin de rappel du réel. Nous ne sommes que poussière et non lecteurs de la page d’un livre qui aurait pris le parti du hasard ou de la beauté convenue, rêvée, fantasmée. C’est qu’il en dit des choses mon pare-brise. Et elle m’apparaît sortie du diable vauvert. J’avais cru un sceptre puis une vision avant de me raviser sur un funiculaire où dans chaque cabine un petit théâtre de guignol gentillet rejouerait une scène à nous. Pourtant rien de cela, juste son visage, amusé, fataliste, un brin narcissique et pourtant contemplatif ; traversé d’arabesques brunes aux contours nus de tout apparat crayonné. Et chacun de ses battements de cœur atteint la trajectoire de mon équipée, dans ses moindres corrections de cap, dans sa plus infime variation de vitesse. Peut-être ne sont-ils que pulsars apaisés dans l’abri capitonné de sa mezzanine chaude alors qu’elle transfigure mon immédiat. Ou alors est-elle frénétique à tapoter une envolée passionnée, drôle, grave, crue. Appliquée à l’esquisse d’une aventure à hauteur d’humanité ?

Le halo se fige et laisse place à une énergie bienveillante ancestrale comme future m’enlevant à la torpeur. Elle a parfois l’âme troglodyte, je m’essaye à la spéléologie. 

30.03.2008

Le jeu du kikiafait

Donc qui qui a fait cette jolie banderole?

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1 - Un journaliste de Libération une fois passé le résultat du référendum pour l'adoption de la Constitution Européenne
 
2 - Rachida Dati

3 - Un militant de Liberté Chérie

4 - Un supporter du PSG

5 - Jean-Paul Rouve

6 - Bertrand Delanoë 

03.03.2008

L'instant cruche

Maintenant que le soufflet est retombé et qu'on puisse hocher la tête autrement qu'un chien en plastique, tout honnête Chrétien devrait encore avoir dans la gorge l'auto-appropriation Sarkostique des derniers prêches de Benoit XVI. A la manière d'un sous-préfet provençal en goguette, l'air invariablement béat puis grave, prisonnier et geôlier de l'allant quotidien, incapable d'offrir la moindre dignité aux apparats. Dans cette brêche miteuse s'engouffraient à l'époque les faiseurs de grâce médiatiques, criant au haro de la religiosité sur la Nation es-Athée. Eux, pourtant si prompts à la vendre au sou symbolique à qui veut de son histoire. La France, cette entreprise qu'ils rêvent sous chapiteau. Car finalement ils sont encore pires que les Catholiques prostitués au bon Protestantisme Anglo-Saxon. Si le monde croule un jour, ce n'est pas tant qu'ils y aient de dégueulasses que de naïfs ou d'oublieux. Lisbonne... ah Lisbonne. Ils la tiennent leur foutue revanche. Sourde et muette mais en mouvement perpétuel.

Pourtant il n'est possible d'avoir un quelconque et soudain sursaut pour le Saint-Siège. Un trésaillement, pas plus, l'appel du ventre probablement. Car le Catholicisme est une doctrine, un dogme, le Christianisme un courant de pensée, une réforme. On peut parfaitement être le plus parfait Athée tout en étant Chrétien sans le savoir tout comme être une grenouille de bénitier parfaitement éloignée de la parole des Evangiles.
Aucun Athée et aucun croyant dogmatique n’a jamais fait pour le bien commun ce que la parole Christique a pu apporter à l’Humanité. La nécessité d’amour, la survie dans le respect, l’intérêt dans le désintérêt matériel. Si les fesses des Pharisiens ne sont pas tant bôtées ce n’est pas par Nietzsche mais le Christ en personne, anti-clérical devant tous les anti-cléricaux. Il faut avoir appréhendé le Christianisme de Kierkegaard pour le comprendre. Il faut avoir lu Bloy pour le percevoir au delà même des frontières du Déïsme. Peut-être même ne faut-il rien avoir lu du tout. Toute personne mettant l’Amour en point d’orgue est conforme à la parole Christique, fusse t’elle dans la méconnaissance quand à l’existence même des Evangiles. A nul endroit il est question de religieux ou même de fait religieux. Est-ce tant les Lumières qui ont précipitées l’Occident dans l’anti-Christianisme ou les Catholiques avides de pouvoir comme les Protestants si pleins de « bon-sens » marchand… Il faut avoir eu connaissance du dialogue entre, à l’époque, encore Joseph Ratzinguer devenu Benoît XVI et Jurgen Habermas pour comprendre comment l’un et l’autre déconstruisent le rationalisme post-moderne dominé de technicité et de nihilisme sous la houlette bienveillante de son meilleur allié la Bourgeoisie (de gauche ou de droite ou s’en fout, les deux se valent allègrement).

S’il y’a défense du pauvre, le dolorisme ou la posture sacrificielle ne doivent être encouragés, systématisés. La crucifixion est symbolique de fidélité à la parole originelle et sceau d'intemporalité. L’indigence n’est pas non-plus représentative de fidélité, Jésus ne maudit pas les commerçants, il méprise l’accumulation inutile, haît le matérialisme, l’affairisme. Il était nécessaire au Christ de donner un catharsis à son message révolutionnaire, nécessité commandée par son Père lui-même. On est pas Chrétien par force de « pieuseries » ou par le Baptême ou même par l’Histoire, on ne l’est pas tout court, on le devient par truchements. Le fait religieux réapproprié et réinventé n’est pas un avatar moderne, c’est un retour à la parole originelle, authentique.

Dans ces instants là, je ne pige ni le paradoxe identitaire et leur culte quasi Judaïque des liens du sang, ni les tradis et leur mise en abîme symbolique, ni les gauchos-Chrétiens et leurs permanentes apostasies, ni les "Démocrates-Chrétiens" ces Pharisiens des temps modernes.
La volonté de domination n’est rien, ni l’apanage de puissance. Gandhi, qui s’est inspiré du message Christique pour bâtir sa « désobéissance passive ou civile » l’a faite en tenant compte de la Chrétienté de ses oppresseurs. En étant les observateurs du malheur qu’ils abattaient sur lui et, alors qu’il aurait pu lever des foules, ne le voyant réagir que par la seule fidélité pacifique à sa parole, les Anglais bigots auraient honte d’eux-mêmes, ce qui fut le cas et de quelle manière.