04.12.2008

Prince of the rodéo

Je me suis rendu compte, il y’a peu, que facebook offrait aux non-inscrits la possibilité de voir en plus grande taille la photo d’un membre mais également d’apercevoir certaines de ses préférences. Tout cela fait penser à ce revendeur belge de voitures neuves qui offre, crise oblige, une petite citadine pour tout achat d’un véhicule plus cher, présentant la particularité d’être invendable. On sent le serpent commençant à se mordre doucement la queue.

Le plus amusant sur facebook est sans conteste ceux affichant « facebooked » sur leur profil. Au-delà de la fausse ironie lourdingue, on perçoit tout de même aux tréfonds de ce qui reste de sain réflexe Chrétien, la honte de s’être fait baiser la gueule comme les autres. Comme les autres car si au début ce réseau social était une « hype », on en fit, par la force du nombre d’inscrits, un machin incontournable. Imaginez deux secondes, sans facebook pas ou plus d’amis puisque vous voilà exclus de facto des messages et photos numériques ; plus d’emploi non-plus puisque votre absence du « réseau « empêche le développement de vos relations et offre en prime l’image désastreuse d’une asociabilité latente…

De ce tissu de boniments on serait en droit de se demander s’il s’agit de l’œuvre d’un quelconque propagandiste rusé, d’un lobby « citoyen » vantant l’amour et la joie de tous les habitants de la planète ou d’un journaliste trop peu avisé. Ne cherchez pas si loin âmes complotistes, grand sera votre étonnement de découvrir qu’il ne s’agit là que d’une auto-suggestion poussée.

 

 

L’EURL de l’image a encore frappée. Just do it, cultivez votre jardin secret (surtout s’il ne l’est plus), affirmez-vous ; autant d’incentives nées du modernisme post-soixante-huitard dont la seule ambition fut de faire de chaque individu une marque potentielle, un logo en puissance, un avatar roi, une ambition démesurée.

Dans « réseau social » il y’a un double mensonge. Un « réseau » n’est pas ce qui désigne l’ensemble des connaissances formées de façon involontaire au cours d’une vie mais la négation du hasard. Un réseau de connaissance ne peut être communautariste à l’instar de facebook, il est absolument impossible (à moins d’être passé en un éclair du stade d’illustre inconnu à celui d’ami proche) non-seulement de dresser un inventaire préparatoire de chaque individu, vous permettant de savoir s’il est à votre convenance mais également de découvrir au préalable tout ce qu’il dévoilera de lui au fur et à mesure que vous ferez sa connaissance. Serais-je ami avec les mêmes personnes si j’avais eu en pature tout de leurs idées et préférences ? Non, car étant foncièrement intolérant.

Social est le second. Nous faisons preuve de sociabilité soit par altruisme pavlovien naturel, soit par altruisme conscient et réfléchi, soit pour se rendre la vie supportable. Hors la « sociabilité » sur facebook c’est Narcisse. Partager, faire partager. Que Clément Dupont puisse dire avoir photographié un bouquetin dans le Mercantour et que l’ensemble de la planète en soit ravie. La particularité est l’usage de l’identité civile et quand bien même celle-ci serait fausse, les membres en relation directe avec vous, eux, connaissent la vraie. D'un point de vue idéologique et propagandiste, facebook est la panacée du militant. Le but n'étant pas d'échanger avec autrui dans l'optique d'élargir le champ de ses points de vues mais simplement de les modeler aux siens.

Pourtant facebook n’est pas totalitaire au sens courant du terme, c’est au contraire l’hyper-démocratie, chacun choisissant sciemment de remplir sa petite fiche de police pour le plus vieux mobile du monde : la vanité. C'est à la fois protestant et laïque, fédéraliste et jacobin, occidental en diable. Possédant les mêmes fonctionnalités et inspirations que le bulletin de vote : la prétention incroyable de donner nommément son avis.

 

 

03.12.2008

Mystique laïque

En y repensant à deux fois, un des derniers faits-divers le plus lamentablement lâche que les démocrassouillards n'eurent à enfanter fut celui-ci.


Dans un couple récent de confession Musulmane, l’homme se rendit compte que sa femme n’était plus vierge. Il demanda pour cette cause un divorce qui lui fut accordé par la justice de la République Française (laïque) en ce terme qu’il y’avait eu mensonge sur une condition déterminant cette union. Face à la pression populaire, la justice fut intimée à rendre nouvelle copie qui ne dériva pas d’un once de la première, étant donné que celle-ci était impeccable du point de vue du droit. Au passage, croire le lieu commun que seule quelques élites athées ou blancs en colère sont Islamophobes est à pleurer, étant donné que non-seulement l’intégralité des démocrates-chrétiens vomissent l’Islam autant par mauvaise conscience que par démagogie mais que les premières lycéennes dénoncées pour port du voile le furent par des instituteurs encartés…à la LCR. La cour d’appel, elle annula le précédent jugement.

Quelle autre épopée épique de la sorte aurait eu à souffrir du courroux des défenseurs de la liberté face au bras de la justice. Que ce soit clair, imaginons deux minutes, une femme ayant décidé d’annuler son mariage car son mari est stérile alors qu’il lui avait affirmé le contraire. L’homme penaud et contris d’accepter la demande que, surgissant du diable vauvert, le MDLDHC (mouvement de libération des hommes castrés) demandant au nom du droit à la dignité humaine que soit arrêtée la procédure de divorce.

L’absurdité se mêlant au dégueulis, les bonnes consciences laïques se posent désormais la question quand à la détermination du caractère formel et exact des critères de non-validité d’une union. En clair, d’obscurs chiens de faillence, pestant à longueur de journées et de pétitions contre le caractère Judéo-Chrétien (sic) du mariage ; contre la juridisation croissante de la société, contre l’interventionnisme étatique dans un des rares espaces de décision peu (ou pas trop encore) parasité par l’œil du technocrate légiférant plus vite que son ombre ; contre la dimension symbolique du couple (en poussant une pseudo logique déterministe jusqu’à décréter que deux êtres de ne peuvent vivre ensemble une vie entière durant sinon cela est suspect d’hérésie en désuétude)… Ces mêmes hères traînant leur moraline de laborantin encarté au Parti Socialiste comme on charrie une bile d’alcoolique crient à la toute puissance du glaive vengeur. Vade Retro Obscurantistas.


L’aspect drolatique serait, qu’après moult textes de lois régissant de manière catéchistique les causes de divorce, une pétasse se verrait un jour refuser une demande de séparation au motif que le manque subit de ressources matérielles, n’est pas une justification suffisante.
Un peu à la manière, dans un autre registre, de Maurice Papon extrait de taule à la grâce d’une loi « humaniste » concoctée par un Bernard Kouchner pro-Sioniste en diable. Caroline Fourrest fera t’elle la même mine rocailleuse que celle du porteur de riz de ces dames.

29.06.2008

Jeux de dupes

Le succès de JCVD dans le monde des affilés intellos et ceux tentant de les singer est avant tout le triomphe de l'intention. Un hymne Protestant qui s’ignore en quelque sorte.

Qu’il faille qu’un acteur considéré comme souffrant d’une tendance à la fulgurance soit soudainement considéré par force de plans séquences, de gros plans en clair-obscur comme un incompris voilà bien la preuve de la dictature des conventions. Y’aurait-il eu avant ce film, une seule bonne âme pour imaginer autrement Jean-Claude Vandamme ; acteur au moins plus honnête que Romain Duris, car les prestations du premier sont réellement physiques lorsque le second résume son jeu à une mine contrite d’imbuvable petit bourgeois urbain. Désormais, car obéïssant à la stricte codification de la démonstration rédemptrice, voici notre Jean-Claude mué en héro discret et incompris (ce qui est au demeurant vrai). Bref vous êtes considérés comme un imbécile, sauf à démontrer le contraire, que dis-je : l’obligation de démontrer le contraire. L’algèbre cachant son dictat partout où cela lui est possible. Comprenez le Romantiste des vrais rebelles, demandant l’exact opposé.

 

Les maudits, refusant la tartufferie du faux lyrisme qui cache la vrai mystique de l’obsession Freudienne, prennent parfois des habits encore plus singuliers. Ou plutôt les devine t’on en observant les traits de leurs ennemis. Fourniret fut-il tant raillé, haï et présenté comme l’incarnation du mal absolu de par sa cruauté ou plutôt car sa quête originelle de virginité (tantôt présentée comme une excuse, tantôt l’alcôve de ses pires pensées) horrifiait les pensées libidineuses de ceux pour qui Alizée n’aurait décidément jamais du grandir et voyant le string, la cravate et le bleu de travail comme l’avenir de la femme ? Est-ce un hasard de l’actualité si on osa comparer, avec une dégueulasserie propre aux Athéegristes et aux Démocrates (au sens Grec du terme), les Musulmans à ce criminel…

 

De même que le sort du sélectionneur national, lapidé pour crime de sentimalisme fut également aussi cocasse que révélateur. Défêquer sur un personnage public, ayant brièvement cédé à la sensiblerie amoureuse car il aurait bafoué la sollenité d’une défaite, l’obligation de communion, la dignité du vaincu et autres hypocrisies. Car qui oserait invoquer aujourd’hui, sans crainte qu’on lui rigole au nez, des valeurs de principe pour le sport, hormis celle de la mystique de groupe, du fric et de la duperie du peuple, trop occupé à chercher Dieu et la guerre dans un stade. Imaginez deux secondes des templiers crachant à terre durant le concile de Troyes. Lui reprocherait-on plutôt un élan circonstancié du coeur alors que sa femelle ne cillait pas, toute dévote à son « professionnalisme "? Le cortex gauche triomphant du droit.

18.06.2008

Droit de réponse

Dans la chasse actuelle au Musulman, un sophisme revient sans cesse, en parfaite continuité inepte : l'Islam serait un avatar moyennageux face auquel l'humanité (comprendre par cela les Etats-Unis, Israël, et la France) se devait d'être mobilisée. Pour peu que je m'en sois entretenu avec un inconnu qui possédait l'ubicuité d'être Démocrate Zemmourien (ce qui est cohérent après tout), il me fallut lui répondre.

Car d’un œil d’historien, le Moyen-Age est tout sauf le réceptacle des arriérations couramment discourues par les Modernes car tout comme l’Antiquité, il apporta son lot d’influences sociétales se complétant ainsi à cette dernière (qui est notre empreinte sociale et ce particulièrement en terme de mœurs). Le Moyen-Age se retrouve dans nombres de comportements contemporains et fondateurs de nos sociétés. De tout temps, on a songé à la planification de l’acte présent puis à ses répercussions futures. Si un modèle prévisionnel s’attache à prévoir les effets à quelques décennies, nos ancêtres s’attachaient à l’appréhender à l’échelle de siècle. Des édifices religieux s’érigeant en parfois 400 ans, leur ordonnateur sachant que ni ses fils, ni ses petits-fils n’en verraient l’achèvement.

De tout temps encore, l’homme s’évertua à concilier rationalisme et morale, science et religieux. Aujourd’hui comme hier l’enjeu n’a toujours pas disparu. Le concept Post-Moderne tranche radicalement avec cet impératif de morale qui, pour combler toutes les sensibilités, se muerait en éthique. Si vient, l’impératif de donner corps à la formalisation légale du statut d’humain (je pense notamment aux impacts de la génétique), naitra l’improbable inspiration d’une sagesse ancienne pour se considérer soi-même. Les malheurs de l’homme ne viennent-ils pas déjà de ce qu’il ne sait d’où il vient, agnostique ou athée. La religiosité n’est pas en reste. L’idée de salut présente dans les société Moyennageuses subsiste sous forme d’avatar dans l’insatiable quête de vérité de tout un chacun. La spiritualité marquait ce chemin initiatique avec comme issue la Rédemption. Elle est désormais remplacée par la connaissance de la mécanique du Tout, notre ère agissant de la même sorte mais sous influence ultra- rationaliste.

Ni plus, ni moins. L’homme se rêve lui-même en Dieu, par le prisme du Trans-Humanisme ou de la projection d’une civilisation terrestre (biotope compris) dans d’autres univers. Dans ce futur dont il se verrait le Père (au sens du Créateur), l’Humain se libère de la solitude glacée de son statut de mortel. A cette époque, c’était l’identique et tout aussi intense préoccupation mais sous la forme du Salut. En parlant de religiosité, s’il y’a pu poindre dernièrement un concept foireux, c’est celui de « Croisés » s’opposant à une autre escroquerie tout aussi drolatique, celui « d’axe du mal » et l’empressement de nombres d’Occidentaux, pourtant athées, de souscrire à ces foutaises ineptes. Pour les premiers qui se font des zélots du Prophète, c’est faire preuve d’une curieuse ignorance. Pour les seconds, la marque d’une inculture inquiétante. Si l'on se tient à cette période, que l’on qualifie couramment de discorde entre Chrétienté (l’Occident d’un point de vue actuel) et l’Islam, on s’aperçoit que nos ancêtres ne voulaient nullement l’éradication de l’autre. Même à l’appogée des Croisades, il n’y’a pas d’affrontement massif et total, juste une lutte entre « influences » respectives des deux bords. Même les lieux Saints n’échappent à la règle. En 1229, Frédéric II et le Sultan du Caire décident de la conservation d’une partie Chrétienne à Jérusalem et d’un libre accès à l’Esplanade des Mosquées aux Musulmans. Si en 1204 Constantinople est assiégé par les Croisés, Montpellier devient en 1380 le port où commercent de nombreux marchands Musulmans en paix et prospérité (était-ce les doubeule U et Fahd de l'époque?). Le seul exemple d’évangélisation forcée venant d’Espagne où ceux-ci sont convertis de force.

Notre quotidien le plus banal n’est pas non-plus exempt de traces toujours vivaces, couramment admises. Par exemple, pour en venir à quelque-chose de bassement assujetti à notre vie de chaque jour, le XIIIème siècle est le temps où les villes prennent leur véritable essor. De ce fait, le nombre de paysans commença à décroître au profit des citadins. L’homme autrefois producteur d’une partie notable de sa nourriture, il se mue alors en acheteur, puisque n’en étant plus le producteur, donc en consommateur. Attentif à la crainte du peuple devenu méfiant de ce qui n’est plus produit de ses mains, un Seigneur (Jean De Lévis, Seigneur de Mirepoix) édicta une Charte du commerce de viande, expliquant en des règles simples les conditions pour qu’elle puisse être commercée et qu’en cas de soupçon, on en interdise la vente jusque preuve contraire. Du soupçon naquit le principe de précaution. Du principe de précaution vint la théorisation de la façon à rendre une nourriture grossièrement préparée donc suspecte, en mets (par la cuisson et le raffinement progressif des plats) et une grande partie de notre influence gastronomique. Même des expressions inconscientes considérées comme indubitablement de notre époque trouvent des racines dans cette partie reculée de l’histoire. Un des plus remarquables et des plus universels pendant est probablement la lutte contre le « mal ». Le pardon, cher à nos sociétés considérant qu’un homme ayant été au bout de sa peine a honoré sa dette envers ses contemporains est transfiguré mais présent. De « j’ai pêché tenté par le malin » est né « j’ai volé car victime de la société ». On marche contre le mal, en processions et pèlerinages, rappelant en cela les grandes manifestations contre le racisme en France ou la préservation de la laïcité en Turquie ou même la guerre partout ailleurs. Dans le Moyen-Age, le Bien est une donnée centrale, une voix inextinguible et le pivot décisionnel, ceci allant du manant au Roi. La condamnation à mort (sauf hérésie) est décidée après maintes tergiversations et pour cela il faut que le coupable ait été déjà condamné à de nombreuses reprises et qu’il ne veuille faire repentance. En y regardant de beaucoup plus près, on maniait bien moins la hache que plus tard la guillotine ou désormais la chaise électrique.

 

De la mystique de la démocratie.