10.06.2009
Un dimanche à la campagne
Je n'ai pas voté dimanche dernier, ou plutôt j'ai omis de laisser l'enveloppe dans l'urne. Plus précisément encore, j'ai oublié l'existence même d'un bureau de vote. A l'habitude, je marque cette politesse incongrue, consistant à ne jamais déposer les cendres de chimères Républicaines, en y glissant un bulletin immaculé. On peut respecter, sans opiner. L'avantage de ne pas laisser planer le doute sur ses opinions, puisque ne les ayant manifestement pas exprimées, est la dispense quand à se croire obligé de disserter sur les fornications hypocrites qui font se serrer la louche à des politiciens dits de gauche et serrer Lellouche à des politiciens dits... de gauche également.
Rien à redire sur les militants pyromanes arguant de nouvelles légitimités avec une abstention record.
Aucun soupir à pousser sur la farce écologiste, ce naturalisme du tout, pirouette confortable promouvant un productivisme responsable. L'écologie, sous-idéologie pervertissant le respect déïste de la nature, crèverait sans les méfaits du capitalisme, se disloquerait en miette privée de l'apport radicalement anarchiste de ce dernier. L'écologie politique française est un syndicalisme forcé et comme les syndicats elle n'a aucunement l'intention de changer la donne, sinon d'établir de meilleurs équilibres. Jeu pervers du recommencement.
Pas d'algarades passionnées consécutives à la liste antisioniste portée par un illuminé, un Dieudonné à l'humour presque Juif et un Alain Soral qui aurait du rester aux côtés de Jean-Marie Le Pen avec lequel il partage ces points communs que sont la clairvoyance et le goût masochiste du Cassandre.
Ni de mouvement de poitrail face à la nouvelle face humaine de technocrates poussant si loin la compréhension des peuples Européens, qu'ils vont jusqu'à leur accorder l'exceptionnel privilège du vin Rosé. Bruxelles et ses froids dévôts, démiurges des hommes nus et honnêtes.
Et réflexion faite, quel confort que l'abstinence de la joute stérile, la mise au rebus des arguments oublieux, la crémation immédiate sans autopsie des sophismes de l'adversaire.
Tranquille et serein, comme un coq en pâte.

23:57 Publié dans La cinquième patte | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : elections européennes, europe, technocratie, blog, forum, débat










