06.05.2008

Ad-hominem

En parcourant le net, j'atterris sur un article de Marianne donnant tribune à un comique officiant au Jamel Comedy Club (qui prouve à lui seul que les remakes de concepts Ricains peuvent être tant mauvais que les remakes ricains de concepts français). Le comique troupier débutant dit qu'il ne peut et ne veut blairer le tri sélectif ; pur produit d'une dictature hygiénisto-Socialiste ourdie par Bertrand Delanoë. S'il n'a pas tort sur l'aspect Orwélien du Conservateur maniéré du Marais, obsédé de rendre son ghetto pour Bourgeois de gauche et de droite en ville lounge (prononcez « laoungann ») piétonne, je me méfie toujours : des nihilistes proprets tendance trouduc urbain bossant dans la finance ou le marketing ; des laborantins Darwiniens. A croire que la pensée faussement « réac' » (encore une auto-dénomination de publicitaire) a le vent en poupe et honnit-soit mal y pense verrait dans les permanences télévisuelles de Zemmour chez Ruquier un signe des temps. Alors, l'espace d'un instant j'espère naïvement que ce pro de la zygomatique va m'en donner pour cher, torpillant au passage mon sceptiscime mais non. Lisant ensuite les bonnes consciences des Marionnautes dont certaines regrettent Desproges et Coluche, j'exume subitement les propos de Gérard Oury dont je parlais ailleurs, un jour. Le brave homme disait peu de temps avant sa mort que les aventures de Rabbi Jacob n'auraient jamais vues le jour en 2000, sans avoir sur le dos un soupçon totalement délirant d'antisémitisme, ceci dû à l'Américanisation des pensées. En clair un comique se doit de faire rire ce pourquoi il fait bon rire et ne pas sortir de son rôle d'amuseur mondain, genre propre au stand-up.

 

Exemple flagrant que Dieudonné. De sa pitrerie, on reprocha en sous-main bien moins l'expression un peu balourde de ses convictions que le fait d'avoir distinctement fait le lien entre Sionisme et nationalisme de droite/d'extrème droite quand d'aucuns le prétendent de gauche. Lorsqu'un comique appelle un chat autrement que chien, on le rappellera promptement à son devoir de divertissement commercial ou autrement tombera la sentence : la censure et l'oubli.


 
Car le comique est devenu une sorte d'anti-chambre des idéaux de la nouvelle classe moyenne. Le comble du modernisme donc. On tourne en ridicule le beauf d'ancienne génération et son surréalisme fait rire dans les chaumières, rassurant ces dernières sur leur propre condition donc entrainant une adhésion factuelle (on écoute/lit/regarde ce qu'on aime comme disait d'ailleurs Kahn) correspondant bêtement à un segment de marché (les petites d'annonces d'Elie I II , Camping ect...) Rire de l'Eglise Catholique crée toujours les petits glapissements goguenards de gentils "courageux" à l'abri de deux siècles d'anti-cléricalisme et se gausser de l'Islam donne un petit cachet libertaire en terres historiquement laïques.

 

D'ailleurs Desproges était-il autre chose que le représentant d'un petit cénacle autorisé à se foutre de la gueule des pauvres, des syndicalistes et des électeurs du Front National? Coluche pensait-il autrement que le néo-colon adepte d'un métissage généralisé dont la pensée post-moderne eugéniste serait la religion mondiale?