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11/01/2015

Chers djihadistes par Philippe Muray

Chers djihadistes,


Toutes ces réflexions aussi brèves que superficielles n’avaient pour but que de vous faire savoir où vous mettez les pieds. Et, une fois encore, de vous avertir que nous vaincrons parce que nous sommes les plus faibles.

Craignez la fureur des moutons ! Craignez la colère des brebis enragées ! […]

Craignez le courroux de l’homme en bermuda ! Craignez la colère du consommateur, du voyageur, du touriste, du vacancier descendant de son camping-car ! Vous nous imaginez vautrés dans des plaisirs et des loisirs qui nous ont ramollis ? Et bien nous lutterons comme des lions pour protéger notre ramollissement. […]

Nous nous battrons pour tout, pour les mots qui n’ont plus de sens et pour la vie qui va avec.
Nous nous battrons pour l’ordre mondial caritatif et les endroits où ça bouge bien. Nous nous battrons pour la vie jeune et les arts alternatifs.
Nous lutterons pour nos tour-opérateurs, pour nos compagnies aériennes, pour nos chaînes hôtelières, pour nos prestataires de service, pour nos pages Web et pour nos forfaits à prix coûtant.
Nous lutterons pour le réchauffement de la Terre, pour la montée du niveau des mers, pour le réduction des émissions de gaz carbonique, pour toutes les catastrophes et pour tous les moyens de limiter l’impact de celles ci.
Nous nous battrons pour un millenium de n’importe quoi, pour les bateaux qui volent, pour la pilule d’éternité, pour les savants fous qui veulent cloner tout le monde et pour une opposition résolue à leurs sombres desseins. […]
Nous nous battrons jusqu’au dernier pour bouger, changer, faire des projets.
Nous nous battrons pour nos bébés prescripteurs et pour leur libre accès aux services culturels. […]
Nous nous battrons pour recommencer à nous déplacer sur nos roulettes, sans arrière-pensées et sans pensées devant non plus. […]
Nous nous battrons sans fin parce que la fin est advenue depuis longtemps et que nous n’en gardons même pas la mémoire. […]
Nous nous battrons dans le sens du poil et dans le sens du vent.
Nous nous battrons pour la disparition du langage articulé.
Nous nous battrons.


Et nous vaincrons. Bien évidemment. Parce-que nous sommes les plus morts.